lundi 28 janvier 2008

Laïcité, le grand retour en arrière-toute

°
Au fronton des bâtiments, la devise de la République, pour mémoire.
°
280108
°
Laïcité, le grand retour en arrière-toute

Rien ne va plus, du côté de la laïcité, depuis que N.S., alias notre seigneur Nicolas, s'est déclaré partisan d'une laïcité "positive", et s'est mêlé, par la même occasion, de promouvoir une politique de "civilisation", - entendez "chrétienne", évidemment. Nous sommes entrés dans une joyeuse période de Restauration, restaurons les bonnes vieilles valeurs traditionnelles d'antan, - le Travail, la Famille, la Patrie, - sans oublier la religion, celle de la fille aînée de l'Eglise catholique, apostolique et romaine, - notamment.

D'ailleurs, - "L'instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé", et si cette assertion ne vous fait pas frémir, dans la bouche d'un Président élu de la République française, c'est que vous avez déjà oublié ce qui fonde, précisément, la République, dont il est censé être le garant, le rempart.

■ Parce que, souvenez-vous, il y a une Histoire, et une Constitution, une Déclaration des droits de l'homme et des citoyens, et quelques textes, - pour garantir la laïcité, et ce qu'elle implique, la stricte liberté de conscience, le respect de l'opinion de chacun, le droit d'expression, mais aussi celui de pratiquer, ou non, la religion de son choix, et d'en changer librement.

Au fondement de cette liberté fondamentale, la séparation du politique et du religieux, la séparation des pouvoirs, non seulement du séculaire et du spirituel, mais aussi de l'exécutif, du législatif, et du judiciaire, comme garants des libertés publiques.

° ° °

Dans son élan, voilà que les opinions privées, et les choix religieux, de Nicolas s'étalent sur la place publique, et prétendent modifier rien moins que la Constitution, pour faire quelque place à cette conception d'une laïcité aménagée, positive pour les religions, en commençant par la catholique, sans doute.

■ Autorisé sans doute discrètement par la teneur des deux discours, de Riyad et de Latran, le recteur de la Mosquée de Paris propose un moratoire sur la loi de 1905, ce qui permettrait un financement public des lieux de culte musulmans, ou au moins une amélioration de leur financement...

■ Autorisé sans doute par le ministre de l'Intérieur et des cultes, voilà que l'Institut catholique de Paris organise une formation universitaire pour les cadres musulmans, en partenariat avec la Mosquée de Paris, et avec un financement ...
à hauteur de 120 000 euros par an
par le ministère de l'immigration et de l'intégration.
Que dit la loi de 1905, sur ce financement ? Charitable ?

Incroyable, mais ...

Autrement dit, la fameuse neutralité des pouvoirs publics vis-à-vis des différentes religions est d'ores et déjà oubliée, la séparation de l'Etat et des Eglises, pourtant inscrite dans la loi, n'est déjà plus respectée.
Merci, Nicolas.

L'inconvénient ce ce grand retour vers un Etat impliqué dans le débat religieux, et partenaire des organisations religieuses, c'est l'abandon pur et simple de la neutralité laïque, et de la séparation fondamentale du politique et du spirituel.

Et c'est la porte ouverte à tous les fanatismes, dont la Révolution française avait tenté de nous débarrasser.


° ° °

■ divers documents sur la laïcité :
°

http://fr.wikipedia.org/wiki/La%C3%AFcit%C3%A9

°

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/laicite/index.shtml


°

° ° °

Aucun commentaire:

google +1

Suivre ce journal de bord :

° ° ° °