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dimanche 24 février 2008

- Casse-toi, alors, pauvre con !

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230208
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- Casse-toi, alors, pauvre con !


■ Nous avons un président de la République, largement élu au suffrage universel, ce qui lui donne sa légitimité, certes.

■ Nous avons un président de la République élu par la volonté populaire, sur un certain programme, et un nombre certain de promesses. Promesses qu'il tarde à tenir, quand il s'agit du pouvoir d'achat, et pas seulement.

■ Nous avons aussi un président qui ne manque pas une occasion d'exposer ses convictions, croyances et opinions, et après tout, il dispose, lui aussi, de la liberté d'expression comme n'importe quel citoyen. Avec les mêmes limites que n'importe quel citoyen.

... Mais ni sa position, sa fonction de président élu, ni la volonté populaire, qui l'a fait président, ne l'autorisent à s'asseoir sur la Constitution, par exemple quand il cherche à contourner une décision du Conseil constitutionnel, sur la non-rétroactivité de la loi sur la rétention de sûreté des délinquants dangereux.

Dommage, mais la Loi, et les avis du Conseil constitutionnel qui ont force de loi, s'imposent et s'appliquent à tous, - au premier rang desquels le Président de la République...

■ A ne pas manquer, l'entretien au Monde de Robert Badinter, remarquable de clarté.

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■ Un sous-ministre de son gouvernement, un certain Estrosi, aurait proposé d'exclure Mayotte du droit commun du sol, pour éviter que les naissances à Mayotte ne donnent droit comme ailleurs à la nationalité française. Est-ce possible, et même pensable ?

Selon l’article 1er de la Constitution, faut-il rappeler que "la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale".

Ces quatre termes indissociables définissent des principes qui s’imposent à tous, au premier rang desquels le Président de la République...
Et qu'un membre du gouvernement imagine, ne serait-ce qu'un instant, se passer de la Constitution, ou passer outre, n'est tout simplement pas possible.

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■ Tout le monde ou presque peut voir notre sacré Nicolas, sans doute un peu fatigué par tous ses exploits, injurier publiquement un simple citoyen, qui refusait de lui serrer la main. Injures publiques dans l'exercice de ses fonctions, donc.
La vidéo fait un tabac.
Elle va aussi sans doute aucun redorer le blason du président, qui récidive, là aussi, dans l'invective.

Qu'en pense notre ministre de la Justice ?
... Le garde des Sceaux n'avait-elle pas promis une aggravation des peines pour les récidivistes ?

- Casse-toi, alors, pauvre con !

■ Voilà qui est sans aucun doute prémonitoire. Ou postmonitoire, qui sait.

• Car puisque lui se permet de le dire, en public, devant la foule, rien n'interdit d'imaginer la reprise de cette formule, - en retour.

• A moins qu'il ne s'agisse d'un puissant retour du refoulé, - si l'on se souvient bien, le fameux SMS qui n'a jamais été envoyé, et donc jamais reçu, qui disait à peu près :
- Si tu reviens, j'arrête tout...
Voilà que nous savons la réponse, la fameuse réponse, qui n'a jamais été envoyée, et donc jamais reçue, mais qui ressurgit, des profondeurs du néant :
- Casse-toi, pauvre con !

Etonnant, non ?

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http://videos.leparisien.fr/video/iLyROoaftL1D.html


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Etait-ce une faute professionnelle, ou une injure publique dans l'exercice de ses fonctions ?
Voir cet article, dans l'excellent quotidien :

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/02/27/la-faute-professionnelle-du-president-de-la-republique-par-christophe-brun_1016251_3232.html


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La presse internationale se gausse, comment est-ce possible ?
Et Metrobus, filiale de Lagardère, censure une affiche de Courrier International,
c'est un bon début, tout va bien...

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lundi 28 janvier 2008

Laïcité, le grand retour en arrière-toute

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Au fronton des bâtiments, la devise de la République, pour mémoire.
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Laïcité, le grand retour en arrière-toute

Rien ne va plus, du côté de la laïcité, depuis que N.S., alias notre seigneur Nicolas, s'est déclaré partisan d'une laïcité "positive", et s'est mêlé, par la même occasion, de promouvoir une politique de "civilisation", - entendez "chrétienne", évidemment. Nous sommes entrés dans une joyeuse période de Restauration, restaurons les bonnes vieilles valeurs traditionnelles d'antan, - le Travail, la Famille, la Patrie, - sans oublier la religion, celle de la fille aînée de l'Eglise catholique, apostolique et romaine, - notamment.

D'ailleurs, - "L'instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé", et si cette assertion ne vous fait pas frémir, dans la bouche d'un Président élu de la République française, c'est que vous avez déjà oublié ce qui fonde, précisément, la République, dont il est censé être le garant, le rempart.

■ Parce que, souvenez-vous, il y a une Histoire, et une Constitution, une Déclaration des droits de l'homme et des citoyens, et quelques textes, - pour garantir la laïcité, et ce qu'elle implique, la stricte liberté de conscience, le respect de l'opinion de chacun, le droit d'expression, mais aussi celui de pratiquer, ou non, la religion de son choix, et d'en changer librement.

Au fondement de cette liberté fondamentale, la séparation du politique et du religieux, la séparation des pouvoirs, non seulement du séculaire et du spirituel, mais aussi de l'exécutif, du législatif, et du judiciaire, comme garants des libertés publiques.

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Dans son élan, voilà que les opinions privées, et les choix religieux, de Nicolas s'étalent sur la place publique, et prétendent modifier rien moins que la Constitution, pour faire quelque place à cette conception d'une laïcité aménagée, positive pour les religions, en commençant par la catholique, sans doute.

■ Autorisé sans doute discrètement par la teneur des deux discours, de Riyad et de Latran, le recteur de la Mosquée de Paris propose un moratoire sur la loi de 1905, ce qui permettrait un financement public des lieux de culte musulmans, ou au moins une amélioration de leur financement...

■ Autorisé sans doute par le ministre de l'Intérieur et des cultes, voilà que l'Institut catholique de Paris organise une formation universitaire pour les cadres musulmans, en partenariat avec la Mosquée de Paris, et avec un financement ...
à hauteur de 120 000 euros par an
par le ministère de l'immigration et de l'intégration.
Que dit la loi de 1905, sur ce financement ? Charitable ?

Incroyable, mais ...

Autrement dit, la fameuse neutralité des pouvoirs publics vis-à-vis des différentes religions est d'ores et déjà oubliée, la séparation de l'Etat et des Eglises, pourtant inscrite dans la loi, n'est déjà plus respectée.
Merci, Nicolas.

L'inconvénient ce ce grand retour vers un Etat impliqué dans le débat religieux, et partenaire des organisations religieuses, c'est l'abandon pur et simple de la neutralité laïque, et de la séparation fondamentale du politique et du spirituel.

Et c'est la porte ouverte à tous les fanatismes, dont la Révolution française avait tenté de nous débarrasser.


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■ divers documents sur la laïcité :
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http://fr.wikipedia.org/wiki/La%C3%AFcit%C3%A9

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http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/laicite/index.shtml


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